17 août 2015 |

Egis France, filiale du groupe Egis, exerce dans le domaine de l’ingénierie des infrastructures pour le compte, essentiellement, des collectivités locales.

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La société créée fin 2011 est le résultat de fusions successives de onze sociétés distinctes, fusions réalisées entre 2007 et 2011 afin de s’adapter aux évolutions du marché.

Il y a trois ans, lorsque Frédéric Roques prend la direction de l’entreprise d’ingénierie, il constate que les différentes fusions ont profondément marqué ses collaborateurs et que beaucoup sont en souffrance.

Frederic Roques egis

Convaincu que seul le fait d’être acteur de son destin permet d’être heureux au travail, il met en œuvre un chantier dans lequel les 750 salariés redéfinissent la vision et la culture de l’entreprise. Parallèlement, les membres du Comité de Direction décident de se nourrir de ce qui se passe à l’extérieur de la société.

C’est ainsi qu’en avril 2014, ils visitent inov-On. Frédéric Roques nous explique en quoi cette rencontre a été décisive dans leur propre quête du bonheur au travail.

« Pendant notre visite, il s’est passé quelque chose dont je n’ai pas mesuré l’importance. Lorsque les collaborateurs d’inov-On racontent leur histoire, ils mentionnent leur « saut en parachute ». Sur le moment, cela a suscité un débat autour de la question de savoir si, oui ou non, nous avions fait notre propre « saut ». Et puis, ce dont je ne me suis pas rendu compte c’est que ce débat a perduré au-delà de la visite. Un jour, mon équipe est venue me voir en disant : « Cette histoire de saut en parachute nous perturbe un peu et nous aimerions pouvoir y réfléchir en séminaire. S’il y a quelque chose à faire en la matière, l’évènement du mois de juin [grand-messe] que nous sommes en train de préparer pourrait être une bonne occasion. Par contre, nous voudrions nous réunir sans toi. »

J’étais un peu surpris par la démarche mais surtout je n’avais pas mesuré combien le débat du saut en parachute avait pris de l’ampleur. Ils se sont donc réunis – pour l’anecdote, dans un couvent – durant 48 heures au bout desquelles ils m’ont appelé pour me dire qu’ils avaient pris une décision. En fait, ils avaient conclu qu’ils étaient, à leur poste, un obstacle à la mise en œuvre du projet en cours et qu’ils avaient l’intention, lors de la grandmesse, de monter sur scène pour annoncer leur démission. Ceci, afin d’encourager la mise en place d’une nouvelle organisation plus appropriée à la transformation souhaitée de notre entreprise. Lorsque j’avais lancé ce projet, j’avais dit et répété que moi présent nous ne changerions jamais d’organisation. A l’origine, ce n’était pas un projet d’organisation mais de changement de culture. Ma première réaction a donc été négative.

Et puis force est de constater, à la lumière de ce qui avait émergé dans les différents séminaires, que ce qu’ils souhaitaient faire était plein de bon sens et qu’ils avaient certainement raison. Le 19 juin 2014, devant des clients, des responsables du groupe…, devant une assistance ébahie, ils sont tous montés sur scène pour démissionner. Nous avons annoncé que nous souhaitions faire évoluer l’organisation et que ce serait les collaborateurs qui le feraient. Ils avaient six mois pour définir la nouvelle organisation en se structurant comme ils le voulaient. L’élan a été impressionnant : 400 collaborateurs se sont mobilisés pour créer 48 groupes de travail. Ils ont ensuite désigné eux-mêmes des animateurs et choisi un comité de pilotage afin de coordonner les groupes de travail entre eux. Dès la fin octobre la nouvelle organisation était définie ! Nous leur avons alors demandé de choisir eux-mêmes leurs nouveaux responsables.

Au 1er janvier 2015, nous avons mis en place la nouvelle organisation qui compte désormais 27 managers (contre 69 auparavant) et dont le rôle n’est plus de prendre les décisions mais de créer les conditions favorables à la prise de décisions par leurs collaborateurs. »

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10 réponses à “Le patron d’EGIS, Frederic Roques en quête du bonheur au travail”

  1. houvenaghel dit :

    Comme il est décevant ce mouvement de « démission »; qu’il s’agisse de gouvernements, de citoyens et à présent cette nouvelle mode des comités de direction…tout cela, pour le « bonheur » des employés, contraint d’assumer leurs nouvelles responsabilités, avant, peut être, de démissionner eux aussi!!! Je regrette le temps des véritables leaders, dont l’action était véritablement orientés client et collaborateurs, sans ce marketing social de plus en plus insupportable! Que sont devenus les démissionnaires d’Egis?

    • Alexandre GERARD dit :

      Bonjour,
      Ici « Démission » ne veut pas dire « quitter l’entreprise ».
      Leur geste était très symbolique : « Nous démissionnons de notre mandat du Codir pour que vous (les équipes) puissiez construire une nouvelle organisation de l’entreprise ».
      Ces quelques lignes sont trop courtes pour détailler le processus incroyable qui a été mis en place. Vous trouverez d’autre article sur internet précisant la démarche d’Egis. 450 personnes ont participé à la renaissance de l’entreprise.

      • BERTOU dit :

        Renaissance de l’entreprise ? Vous plaisantez ? Egis France (devenue depuis Egis Ville &Transport) est en train de crever à petit feu. Renseignez vous ! A moins qu’avec le départ forcé de M. Roque, les choses n’aillent mieux ? J’en doute car il reste quelques nuisibles dans le top management de la boïte

  2. Claire DENIS dit :

    La synthèse de votre expérience fait rêver, et en tous cas laisse supposer un bon niveau de maturité des salariés au « moment des faits ». Une question cependant, ce chantier a-t-il été accompagné par des professionnels, externes ou internes ?

    • Alexandre GERARD dit :

      Bonjour Claire,
      Oui les équipes d’Egis ont été accompagné par Christophe Le Buhan et Jacques Santini.
      Excellente journée,
      Bien à vous

  3. Mispelon Jean Pierre dit :

    Je vous invite egalement à prendre connaissance de la conference TEDx de Sylvain Pierre disponible sur youtube sur l’entreprise libérée.
    La reussite d’Egis France ne vaut toutefois peut etre pas pour ses filiales…

  4. Philippe Jacquet dit :

    merci pour cet article ! Que sont réellement devenus les membres du Codir qui se sont ainsi sacrifiés pour cette cause ?
    Philippe

    • Alexandre GERARD dit :

      Bonjour,
      Merci pour votre message.
      J’ai la chance de connaitre Frédéric pour l’avoir rencontré plusieurs fois. C’est un homme que j’apprécie beaucoup. Il a de grandes qualités humaines. Sa capacité de remise en question a été incroyable tout au long de cette démarche.
      Je n’ai pour ma part aucun doute sur la volonté de Frédéric à poursuivre ce chemin de confiance et de liberté.
      Je ne sais pas vous donner les détails de cette transformation et vous encourage à contacter directement Frédéric pour partager avec lui.
      Tres bonne soirée
      Bien à vous

  5. Luc Perissol dit :

    Bonjour ! Que sont devenus les managers ? Mon petit doigt me dit que la réalité décrite dans cet article ne correspond pas aux échos que j’ai pu recevoir de ces Ex-Managers…
    Au nom de l’éthique et de l’honneteté, diffuserez vous mon commentaire ?
    Luc

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